Inscriptions et sculptures

Peu après les désastres survenus dès le début de la guerre (19 juillet 1870), les troupes prussiennes venaient occuper les environs de Reims.

Une partie des habitants de Bezannes, effrayés par le récit des cruautés exercées sur la population des campagnes et notamment par le bombardement et le pillage dont avait souffert, le dimanche 4 septembre, le village de Lavannes, avait abandonné la localité pour se rendre dans la forêt, au-dessus de Sermiers, afin d’y mettre leur bétail en sûreté.

Le 5 septembre, Bezannes se voyait envahi par les troupes ennemies et était mis en demeure de pourvoir à la nourriture de 470 hommes et 470 chevaux. De plus, nous voyons, par l’ordre remis à la mairie, qu’il devait être fourni : deux vaches ; le café et le pain aux hommes, le matin ; la soupe, légumes et une livre de viande par chaque homme à midi, de même pour le soir ; 6 kil d’avoine par cheval et le tabac.

En même temps, les autorités prussiennes enjoignaient aux habitants d’avoir sans délai, à déposer, à la mairie, les armes, de toute espèce, dont ils étaient détenteurs.

Quelques jours auparavant, des fusils avaient été adressés à la commune à l’effet d’en armer les sapeurs-pompiers, mais dès qu’on apprit l’approche de l’ennemi, ceux-ci furent cachés dans un puits abandonné qu’on recouvrit de bois.

Les ennemis conçurent des soupçons et après quelques recherches ne tardèrent pas à découvrir les armes. Les précautions prises avaient été inutiles.

Ce fait suffit pour déchaîner la fureur de la soldatesque. L’officier commandant fit aussitôt cerner le village, pendant que le maire, M. COULON, était arrêté et gardé à vue. Le 11 septembre, sur réquisition de l’officier, M. GRIFFON-RIGOT, adjoint, dut le conduire à Reims, sous l’escorte de soldats prussiens. Remis en liberté le surlendemain, le village fut obligé de satisfaire aux exigences de l’ennemi qui réclama une somme de 5.000 francs, sous menace des plus terribles représailles.

C’est pour Bezannes, le fait le plus marquant de cette triste période.

Dirons-nous que notre localité eut à supporter de multiples passages de troupes, des réquisitions sans nombre. Qu’il nous suffise de relater que du 7 au 13 septembre, elle eut à fournir 60000 kil. De foin et 17.500 kil d’avoine, et que les dommages causés par l’ennemi s’élevèrent à 124.605 francs.

On le voit, Bezannes ne fut pas exempt des malheurs qui frappèrent si cruellement la France et nous devions ajouter cette page à son histoire.