Fait divers

Nous ne nous attarderons pas à en rechercher la véritable origine. Nous allons donner, par ordre chronologique, quelques renseignements que nous avons pu glaner sur le village. Nous les avons relevés dans les divers dossiers conservés aux Archives de Reims. N’ayant pas l’intention, comme nous l’avons dit plus haut, de faire l’historique de Bezannes, nous les énumérons sans corrélation entre eux, heureux seulement de les signaler à ceux qui entreprendront un jour une Monographie complète de notre localité.

1295 (3 février). – Plusieurs fois les rois de France furent obligés de forcer les habitants des communes des environs de Reims de contribuer de leurs deniers à la réparation ou à la reconstruction des murs de Reims. Le 3 février 1295, le roi Philippe-LE-BEL força les habitants des environs de Reims à participer aux frais de la réparation des murs de la ville. Parmi ces communes figurent : Gueux, Besennes, Viler-as-Nex, Chauflori, Cormonstreuil, etc.

1328. –  » Ce sont les héritages de la parroche Saint-Jacques et la Magdalaine, en commensant à porte valoisse, en allant à porte Saint-Pierre-[ le Viez ?] et est appelé le quarrel J. de Besenne…. »

1337 – Aubert DE ANGEST, chevalier, est commis par le roi Philippe pour visiter les « chastiaux et forteresses de Reims et environs… chastiau de Bezannes ».

1357 (novembre). – Lettres de Charles, roi de France, au bailli de Vermandois concernant les fortifications de Reims et la part que doivent y prendre les communes circonvoisines. Un grand nombre de ces villages (600 environ) refusent cette cotisation, mais le roi ordonne de faire lever la somme imposée. Parmi les communes rebelles à la cotisation figurent :

« Beine, Cormontreuil, Villers-Allerand, Thillois, Champigny, Ormes, Villers-aux-Nœuds, Champflory, Rilly, Sacy, Mailly, Chamery, Trois-Puits, Montbré, Villedommange, Bezannes, Coulommes et Marfaux… tous les habitants d’accord pour refuser la participation ».

Comme on le voit par un acte du 15 mars 1357, la plupart des villages des environs de Reims étaient tenus de concourir aux frais de réparation ou de reconstruction des murs de Reims, et c’était là, une chose toute naturelle puisque, en temps de guerre, les habitants des pays environnant Reims trouvaient refuge dans les murs de cette ville.

1432. – « Payé à Jehan LE-BRETON. 44 solzs tournois tant en restitution d’un arc d’if et de deux trousses de sayettes qu’il perdit à certaine escarmouche contre les Anglais qui étaient logés à Bezannes, comme pour dépens par luy de certaine blessure qu’il eut en ladite escarmouche ».

1465. – le 31 décembre 1465, nous voyons conjointement « Nobles hommes Pierre DE THIUSY et Pierre DE BESANNES » paraître dans l’enquête faite par « Philippe RAUCOURT, tabellion royal et sergent du bailliage de Reims, commissaire en ceste partie député par noble homme et saige Monseigneur le bailli de Reims ».

1475. – « …, c’est la déclaration des rentes de vin appelées vinages deuz chacun an a très révérend père en dieu Monseigneur larchevesque duc de Reims premier per de France…par nobles hommes Pierre FERET, receveur du temporal de larchevesche dud. Reims, MILET DE THUISY, Jehan de Besannes, escuiers…le dimanche XIIIe jour de septembre l’an mil cccc soixante quinze… »

1550. – A cette date, la partie de la seigneurie de Montbré qui appartenait à Hutil DE SAULX est échue à Renaud de BESANNES et demeure dans sa descendance jusqu’en 1714. Cette seigneurie consistait en cens, lods, ventes, pressoirs, etc.

1610. – parmi les curieux privilèges des seigneurs de Bezannes, il est dit :  » le 17 octobre 1610, au sacre de Louis XIII, le seigneur de Bezannes a l’honneur de présenter au roi à son passage à Gueux, le déjeuner dont le menu était fixé par l’usage, savoir : des œufs frais, du beurre, et des radis… »

1684. – Par sentence arbitrale rendue par Louis DAILLIER et Nicolas MUIRON, avocats en Parlement, le 27 octobre 1684, déposée en l’étude de Me LANBRÉAU, notaire royal à Reims, appert que M. de BEZANNES appartient droit de pressoir banal sur tous les habitants de Bezannes, tant de la seigneurie que d’autres, qu’outre la Seigneurie du château, basse-cour, jardin, bois et enclos dépendant dudit château de Bezannes, il appartiendra audit seigneur de Bezannes en toute justice et seigneurie, une partie du village et terroir de Bezannes détaillés par cantons et figurés au plan qui a pour cet été levé par PLISTA, arpenteur à Reims et qui compose au moins moitié desdits village et terroir est déclaré appartenir aussi en toute justice et seigneurie à l’abbaye royale Saint-Pierre de Reims- et le droit de chasse demeuré commun. (G. 148, terrier de l’Archevêché).

1774. – Comme profession dans notre village, nous trouvons :  » dix laboureurs, deux fermiers à M. DE BEZANNES, la plupart vignerons, manouvriers à tâches et petits fonds, le reste journaliers, un tonnelier, un cordonnier, un berger et un maréchal « .

1775 (12 juin). – Grande revue des troupes royales passée par la Reine, lieudit les Vautes, sur le territoire de Bezannes à l’occasion du sacre de Louis XVI. (Voir plus loin à l’Appendice) Le Roi, retenu à Reims par diverses cérémonies, ne put y assister. Voici en quels termes en rend compte la Relation contemporaine du Sacre :  » La Reine, accompagnée de Madame, alla le même soir, à une heure de Rheims, voir manœuvrer le régiment d’Esterhazy, Hussard, et parut fort satisfaite de la manière dont il étoit exercé. Monsieur, Monseigneur le Comte d’Artois, le Prince de Condé, le Duc de Chartres et le Duc de Bourbon, assistèrent pareillement à cheval aux mêmes manœuvres. « 

1785. –  » la vendange de 1785 a été si abondante qu’il y a eu à Bezannes, deux hommées qui ont rapporté plus de 2 poinçons de vins.  » (Reg. paroissiaux.)

Décembre 1788. Janvier 1789. –  » Le froid a été si rigoureux qu’on a assuré que depuis plus de 80 ans il n’y en a pas eu de pareil, cependant une partie des grains a été conservée par la neige. » (Id.)

1788. – Monseigneur de Talleyrand-Périgord, archevêque de Reims, passe un bail de loyer et fermage pour huit années consécutives, avec Jean-Baptiste BOUGY, laboureur, demeurant à Bezannes, conjointement avec sa femme Elisabeth CARANGEOT.

Nous touchons à la Révolution, et dès lors un autre régime va succéder à celui que nous venons d’étudier. On trouvera plus loin les faits relatifs à cette période tourmentée, mais, auparavant, nous allons dire un mot du territoire et de la population de Bezannes aux différents âges.